Fruitiers Label Rouge, un projet bien planté

Le choix de la qualité pour stopper la chute du marché du fruitier, c’est le pari que font aujourd’hui neuf producteurs et huit enseignes de distribution. Menant de front la rédaction d’un cahier des charges, l’élaboration d’un plan de contrôles et la mise en place de tests, ils avancent dans l’objectif de décrocher le fameux Label Rouge, le seul signe de qualité que 90% des consommateurs connaissent et en qui ils font confiance. Ils ont embarqué, dans leur beau projet, l’enseignement horticole qui profite de cette occasion pour montrer aux jeunes le niveau de professionnalisme que requiert la filière.

L’avenir du marché des fruitiers passe par la satisfaction du jardinier amateur

Depuis plusieurs années, les ventes d’arbres fruitiers ont fortement chuté, plus qu’au sein d’autres groupes de végétaux. Parallèlement, les sommes dépensées ont aussi diminué progressivement mais moindrement, ce qui traduit une élévation du prix moyen. Cette dernière, entre autres interprétations, peut être perçue comme une attention plus grande apportée à la qualité des produits (consommer moins mais mieux). Producteurs et distributeurs de la filière ont constaté ces évolutions et ont pris conscience de la nécessité de valoriser leurs produits sur des critères de qualité. Egalement, le besoin de conforter le consommateur dans son acte d’achat, sur un produit d’apparence complexe (choix d’un porte-greffe, d’une variété) s’impose.

S’il existe une obligation que le contenu d’un produit soit conforme aux allégations portées sur l’emballage, dans la réalité du marché certains produits n’y répondent pas et des variétés peuvent par exemple être incorrectement étiquetées. La biologie et l’écologie des arbres fruitiers sont des sujets difficiles pour un jardinier amateur : autofertilité ou autostérilité des variétés, porte-greffes, adaptation au climat régional...

La compréhension de ces notions est pourtant essentielle pour assurer une production satisfaisante de fruits. Il convient dans ces conditions de bien informer le consommateur afin de prévenir toute déception.

Les producteurs ont pris conscience de la nécessité de valoriser leurs productions sur des critères de qualité avérés et il est ainsi apparu nécessaire qu’un référentiel indiscutable soit mis en place. Cette garantie est portée par les signes d'identification de la qualité et de l'origine parmi lesquels le Label Rouge.


Une prise de conscience et une démarche collectives


Neuf entreprises de production, parmi les plus importantes sur le marché du fruitier pour le particulier, et huit enseignes de distribution se sont regroupées au sein de l’association EXCELLENCE VEGETALE, association loi 1901 dont le but est de gérer, défendre et promouvoir l’ensemble des signes officiels de qualité ainsi que de gérer les certifications concernant la filière de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage. Trois fournisseurs de substrat participent aux travaux du groupe.

Ces professionnels portent ensemble le projet de "Label Rouge Fruitier (C’est une des conditions imposées par l’Institut National des Appellations d’Origine), sous l’impulsion d’un couple producteur-distributeur, formé pour l’occasion. Il s’agit d’Arnaud Crosnier, Pépinières Crosnier, qui a accepté la présidence et Julien Nauleau, chef de produits Truffaut qui assure la vice-présidence.

Cahier des charges, plan de contrôle et tests sont les trois composantes d’un dossier Label Rouge


Depuis novembre 2013, date de création de la section, les professionnels travaillent sur trois axes en parallèle :
- La rédaction d’un cahier des charges, garantissant l’obtention d’une qualité supérieure du produit,
- Les modalités de contrôle inhérentes au succès de la démarche, et auxquelles tous les professionnels qui voudront produire du produit labellisé devront se soustraire,
- L’élaboration de tests qui permettront de prouver la qualité supérieure des produits sous label, par rapport à des produits courants du marché. Deux types de jurys seront organisés : un jury de professionnels chargé d’évaluer les critères de qualité retenus et un panel de consommateurs qui sera soumis à un test hédonique (préférences).

Collaboration avec l’enseignement horticole

Logo Lycée Larequille (03)Pour conduire les tests, les professionnels ont fait le choix de travailler avec l’enseignement horticole, dont l’indépendance et la neutralité sont des atouts pour juger les arbres. Le choix s’est porté sur le lycée agricole de Montluçon-Larequille (Allier), situé près de l’entreprise Delbard, partie prenante dans le projet.

Ainsi, vendredi 27 novembre, ont eu lieu les plantations de trente-six arbres regroupant trois des six espèces concernées (pommiers, poiriers, cerisiers, pêchers, abricotiers et cerisiers), sur une parcelle en reconversion bio. Très motivés, la plupart des professionnels de la section étaient présents pour prêter main forte aux enseignants et aux élèves.

Anonymés, conduits de la même façon, les arbres, candidats au label ou arbres courants, seront notés, mesurés, photographiés, par les élèves en formation CAPA métiers de l'agriculture option horticulture, et ce pendant trois cycles de production. Cet exercice, pratique et concret, devrait sensibiliser les jeunes à l’intérêt de promouvoir la qualité et l’innovation dans cette filière horticole dont ils ont encore tout à découvrir.

Plantation de fruitiers en test au lycée de Larequille Plantation de fruitiers en test au lycée de Larequille
Plantation de fruitiers en test au lycée de Larequille Plantation de fruitiers en test au lycée de Larequille

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